Les hackers attaquent 24h/24. Pendant ce temps, 75 % des salariés ne passent pas plus de cinq heures par an à se former. Une dissonance inquiétante que confirme l’enquête Riot/IPSOS menée début 2025 auprès de 500 entreprises françaises : méthodes de formation obsolètes, comportements à risque et besoin criant d’une protection en temps réel des collaborateurs.
Face à des menaces qui se professionnalisent, l’étude révèle un paradoxe : 68 % des organisations disposent d’une solution de sensibilisation… mais 61 % se limitent encore à des communications ponctuelles (newsletters, guides, PDF) et 45 % misent sur des modules vidéo. Résultat : une approche passive qui favorise le désengagement. Plus d’un tiers des salariés se sentent peu ou pas concernés, 72 % ne consacrent que 1 à 5 heures par an au sujet, et 23 % s’y impliquent très rarement. Parmi les moins engagés, 64 % invoquent le manque de temps.
Dans le même temps, les attaquants ont changé d’échelle. Avec les progrès de l’IA générative, ils lancent des attaques ultra-personnalisées. Depuis fin 2022, les incidents de phishing auraient bondi de 1 265 %. Et comme « il suffit d’un seul salarié » pour ouvrir une brèche, chaque minute sans réponse adaptée augmente l’exposition de l’entreprise.
Les pratiques quotidiennes restent, elles aussi, fragiles. 48 % des employés ne sauraient pas vers qui se tourner en cas d’incident. Côté mots de passe, malgré les passkeys et gestionnaires, 57 % conservent encore leurs sésames de façon risquée (téléphone, ordinateur, papier) et 44 % réutilisent le même mot de passe sur plusieurs services — une aubaine pour le credential stuffing. Plus surprenant : ces réflexes concernent autant les stagiaires que les dirigeants.
Le phishing reste la menace n°1 : au moins 90 % des cyberattaques démarrent par un e-mail piégé. Pourtant, seuls 76 % des employés savent le définir correctement, et 20 % de ceux qui se disent « compétents » n’identifient pas une attaque. Pire : l’authentification à deux facteurs (2FA), pourtant simple et efficace, n’est utilisée systématiquement que par 30 % des répondants.
La bonne nouvelle ? Là où des formats interactifs et immersifs sont déployés — chatbots éducatifs (18 %) et serious games (32 %) — l’engagement grimpe en moyenne de +7 points par rapport aux formats traditionnels. Autrement dit : quand la formation devient expérientielle, elle commence enfin à changer les comportements.
Passer d’une culture de la sensibilisation à une culture de l’action
- Institutionnaliser la 2FA par défaut sur tous les comptes.
- Généraliser les passkeys et un gestionnaire d’identifiants, et bannir la réutilisation des mots de passe.
- Remplacer les PDF par des parcours interactifs continus : micro-modules, chatbots, serious games, simulations de phishing en conditions réelles.
- Mettre en place des nudges en temps réel (alertes contextualisées dans l’outil de travail) plutôt que des rappels génériques.
- Clarifier le processus d’alerte : canal unique, SLA, personnes référentes, et entraînements réguliers.
- Suivre des KPIs de comportement (taux de 2FA, réutilisation, signalements, temps de réaction) plutôt que le seul « temps de formation ».
Comme le résume Benjamin Netter (Riot), les menaces évoluent plus vite que nos formations. Le message est clair : la cybersécurité ne peut plus être un rendez-vous annuel, mais un réflexe quotidien, soutenu par des outils et des expériences qui donnent envie d’agir. Pour approfondir les enseignements et outiller votre plan d’action, consultez le rapport complet : .
Auteur : Inforisque.
Inscrivez-vous dès aujourd'hui pour bénéficier de tous les avantages du Club Inforisque. Le club, c'est un réseau social pour les préventeurs et QHSE, un espace d'échange, d'inspiration, de partge, d'entraide et d'opportunité.
La newsletter hebdomadaire d'Inforisque. Vous souhaitez rester informé sur l'actualité des risques en entreprise ?
S'abonner